Qui n’a jamais eu envie de se former et de monter en compétences ? Combien parmi vous sont effectivement passés à l’action ? L’un des problèmes majeurs de la formation professionnelle se résume par ces deux questions. Seuls 32% des français suivent une formation chaque année, avec d’importantes disparités en fonction des entreprises et du niveau de formation initial. C’est pourtant une attente forte, exprimée par la grande majorité des salariés. Comment expliquer ce décalage entre envie et réalité ? Décryptage et conseils !

La formation pro a tout pour fonctionner :

Si l’on dresse un panorama rapide du secteur, il apparaît au premier abord que toutes les conditions sont réunies pour favoriser le développement de la formation professionnelle à grande échelle. 

Une demande individuelle forte de la part des salariés.

La formation professionnelle est un élément incontournable du développement d’une carrière. Les nouveaux employés attendent des parcours de montée en compétence personnalisés avec des opportunités à la clé : 

  • Gagner en responsabilité, 
  • Obtenir des promotions et primes,
  • Renforcer son employabilité et construire sa carrière,
  • Découvrir de nouvelles compétences et devenir expert dans un domaine.

En parallèle, la transformation des métiers appelle à la mise en place de formations pour actualiser des acquis ou développer de nouveaux savoir-faire afin que l’entreprise puisse rester compétitive. Compter uniquement sur le recrutement de nouveaux salariés pour combler son manque de compétence est une fuite en avant que ne peuvent se permettre les entreprises tant il devient compliqué de recruter les bons talents.

La formation professionnelle est nécessaire

Nécessaire pour renforcer l’employabilité des salariés français

La question des compétences est au cœur des questions politiques autour de l’emploi de ces dernières années. La loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018 confirme l’engagement du gouvernement sur ce sujet. Entretenir et développer les compétences dès aujourd’hui est un élément clé pour garantir l’employabilité et la compétitivité de la France dans le futur. Les décisions prises vont d’ailleurs dans le sens d’un effort sur la qualité et l’efficacité des formations. 

La réponse actuelle veut mettre l’accent sur le renforcement de l’employabilité des salariés tout au long de leur carrière. Il est de la responsabilité de l’entreprise d’investir sur ces sujets, contrepartie inhérente à la flexibilisation du marché du travail. 

Pour aller plus loin : notre article sur les principaux enjeux de cette réforme.

La formation pro est de plus en plus accessible

Il n’a jamais été aussi simple de se former. Avec l’avènement des MOOCS, du e-learning et des tutoriels tous azimuts, la formation pro est à portée de tout à chacun. De nombreuses plateformes se sont développées pour apporter du contenu de manière simple, rapide et économique. Le “réflexe formation” est d’ailleurs de plus en plus développé, notamment chez les jeunes génération. La banalisation du contenu, grâce à la multiplication des formats digitaux a rendu accessible le savoir et les informations. Youtube est lui-même devenu l’un des plus grands formateurs du monde tant on peut y trouver du contenu simple permettant l’apprentissage d’une compétence ou une acculturation simple à un sujet en particulier.

Pour aller plus loin : notre article sur les innovations du secteur de l’éducation et de la formation professionnelle. 

Pourtant, la formation pro n’a pas bonne presse. Pourquoi ?

De fait, la formation professionnelle est encore aujourd’hui synonyme de lourdeur administrative, de processus daté, de lenteur et de manque d’efficacité. Loin d’être reconnue à sa juste valeur elle est souvent mise de côté. Diagnostic des raisons de ce rejet. 

De nombreuses réformes ont perturbé le fonctionnement du système

Depuis près de 15 ans, les réformes se sont multipliées dans le secteur. Avec à chaque fois de longs temps de mise en place et d’acculturation, les principaux acteurs (entreprises comme organismes de formation) ont freiné leurs investissements et dépenses. En conséquence le secteur se retrouve aujourd’hui en retard par rapport à d’autres industries plus innovantes. 

Ces réformes successives ont également mis à mal la visibilité que pouvaient avoir les acteurs du secteurs ainsi que les entreprises. Cette instabilité législative n’a pas permis au marché de la formation de se développer comme il se devait et d’accompagner les mutations des entreprises bousculées par le numérique, ni la nouvelle génération de salariés pour qui la formation initiale n’était plus suffisante. 

Les réformes de la formation pro

Des complexités administratives importantes

C’est l’une des premières conséquences de ce manque d’investissement : à l’heure de la digitalisation, et malgré des évolutions récentes, le secteur laisse encore la porte ouverte à de nombreuses opportunités d’innovations. 

Du côté des entreprises, le métier de responsable formation est trop souvent cantonné à un métier de gestionnaire de formation plutôt que d’ingénieur de formation. Le cœur du sujet de la formation, celui de la pédagogie et de l’ingénierie de formation a trop souvent été délaissé au profit de questions administratives et logistiques, plus urgentes à résoudre. 

Du point de vue des salariés, cela s’est traduit par un désintérêt de la question. Aujourd’hui, moins de 32% des salariés se sont connectés sur leur compte de formation. En savoir plus avec notre article sur le sujet. 

Des formations qui manquent d’efficacité

Un formateur un peu poussiéreux qui présente d’un ton monocorde des diapositives jamais actualisées… Qui n’a pas cette image de la formation pro ? Les métiers, les organisations et les attentes des salariés ont évoluées vers plus d’efficacité, vers une exigence plus forte pour le retour sur investissement. Pourtant en parallèle de nombreux organismes de formation et formateurs ne se sont pas adaptés, se sont cantonnés à capitaliser sur leur expertise acquise sans procéder à une actualisation régulière. En conséquence, beaucoup de salariés et de managers sont aujourd’hui réfractaires à l’idée de participer ou d’envoyer des salariés en formation. 

Au-delà de l’évidence qu’un bon formateur a besoin d’être pédagogue, celui-ci a de plus en plus besoin d’avoir un ancrage terrain pour asseoir sa légitimité. Désormais, les meilleurs formateurs sont des experts en poste ou en transition qui peuvent s’appuyer sur la pratique opérationnelle de leurs compétences afin de transmettre leur savoir. Pour apprendre à faire, il faut savoir faire soi-même ! Et savoir donc lier théorie et pratique afin de permettre à la personne formée d’appliquer l’apprentissage dans son travail au quotidien. 

Comment sauver la formation pro ?

Comme nous l’avons vu, le secteur est au cœur des préoccupations des entreprises, des individus. Il est donc à prévoir que de grandes transformations auront-lieu dans les mois et années à venir, et il est possible de les anticiper. 

En construisant des plans de formation ancrés dans le réel

La formation pro a trop souvent été décorrélée de la réalité opérationnelle. Pour redorer son blason, il est important de la mettre au service d’une stratégie, des enjeux d’un service, des attentes d’un collaborateur. Faire monter les salariés en compétences ne doit plus être considéré comme une récompense, une distraction offerte en cas de bonne performance, ou pire une sanction pour palier un manque d’efficacité. Il est aujourd’hui nécessaire de transformer ce paradigme pour passer à une montée en compétences à impact fort. Cette transition se fait notamment par la construction de plans de formation en lien avec les enjeux des salariés et de l’entreprise. C’est la méthodologie que nous déployons aujourd’hui chez Empowill

Cette méthodologie repose sur un triptyque simple : 

  1. La compréhension de la vision de l’entreprise et de ses axes de développement stratégique. Le recueil des besoins des managers qui doivent systématiquement s’adapter aux difficultés opérationnelles auxquelles ils sont confrontés. 
  2. L’analyse des compétences des collaborateurs afin de comprendre précisément quelles compétences doivent être renforcées. 
  3. Le tout permet la définition d’une action de formation efficace et pertinente, en lien avec les enjeux de l’entreprise. 

En choisissant avec soin son prestataire 

Le choix des formations et plus encore des formateurs devient un élément clé de la concrétisation d’un plan de formation adapté en une action de formation efficace. Alors que l’offre de formation est pléthorique et qu’il est difficile de savoir comment arrêter son choix, la bonne pratique consiste à définir en amont des critères précis de choix de formations. Ces critères peuvent toucher la taille de l’organisme, sa spécialisation, ses références, ou encore la pédagogie employée. Autant d’éléments qui permettent de rationaliser le choix et d’augmenter l’impact des formations en s’assurant de disposer d’un prestataire répondant parfaitement au cahier des charges. 

En instaurant un suivi précis et chiffré de l’impact des formations

De nombreuses structures ne disposent pas encore de chiffres précis sur le retour sur investissement de leurs formations, parfois même le taux de participation reste obscur. Ce souci de la mesure de l’efficacité des actions mises en place ne répond pas tant à une logique économique qu’une logique de pragmatisme. Les formations sont d’autant plus efficaces qu’elles répondent à un besoin précisément ciblé et qu’elles font l’objet d’un suivi dans le temps. Ainsi, accoler à des formations des indicateurs de performance, et ce dès la définition du plan de formation, permet à la fois de suivre et de maximiser l’impact des formations. 

Sources : 

Les enjeux de la formation professionnelle
32% des Français suivent une formation professionnelle chaque année

Pour aller plus loin :