Bien digitaliser une formation, cela ne s’improvise pas !

L’année 2020 a précipité le secteur de la formation professionnelle dans une digitalisation à marche forcée. Près de 80% des formations en présentiel ont été affectées par la crise sanitaire et le nombre d’acteurs envisageant de digitaliser à 100% leur offre de formation a été multiplié par 2. Pour autant, la rapidité de cette transition n’est pas sans conséquences et trop d’acteurs ont adopté le virage de la digitalisation en mettant de côté des questions indispensables liées à la pédagogie, le rythme d’apprentissage et l’interactivité. Une posture à risque, non seulement pour les apprenants, les formateurs mais de manière générale pour le secteur tout entier.

Les barrières du distanciel 

Les avantages à digitaliser une formation sont nombreux, tant d’un point de vue pédagogique qu’économique. Pour bien comprendre les risques d’une digitalisation bâclée, il est important de commencer par souligner les limites du distanciel et les freins qui existent sur le sujet des formations. 

  • L’attention est plus volatile. De manière générale, le cadre d’apprentissage est beaucoup moins maîtrisé. L’apprenant peut tant être confortablement installé à son bureau que debout dans un train. De plus, il est plus compliqué d’isoler ce dernier des distractions qui peuvent survenir à tout moment. C’est notamment pour cela que de nombreuses solutions digitales ont privilégié la mise en place de solutions en micro-learning. 
  • Il est plus difficile de suivre le rythme d’apprentissage des participants. L’adaptation du rythme d’une formation est l’un des principaux facteurs de réussite. Avec la distance, il est beaucoup plus difficile de mesurer si les messages ont bien été compris ou à l’inverse si l’auditoire s’ennuie car le rythme n’est pas assez élevé. 

Les techniques pour bien digitaliser ses formations

L’essentiel est de ne pas se concentrer sur le contenu mais sur la manière de transmettre ce contenu efficacement. Autrement dit, le distanciel doit être considéré comme une modalité au service d’un projet d’apprentissage. L’urgence de la digitalisation ne doit pas faire oublier que l’important n’est pas de mener sa formation malgré la distance, mais d’utiliser la distance pour proposer une formation avec – au moins – le même niveau de qualité qu’en présentiel.

1) Favoriser l’interactivité et l’échange 

L’un des principaux moyens pour dynamiser l’apprentissage dans une formation digitale est de réussir à mobiliser l’apprenant et à le rendre actif dans son projet de formation. Cela peut notamment passer par la dynamisation des contenus et la possibilité d’interagir avec d’autres participants ou le formateur. 

Nos experts en pédagogie recommandent deux solutions qui savent utiliser l’interactivité si vous souhaitez digitaliser une formation : 

  • Kumullus : cette solution permet de créer des vidéos interactives pour maximiser l’efficacité des modules de formation. Il est possible d’ajouter directement des quizz, activités pédagogiques, médias en tout genre et chapitrage interactif. Ce genre de solution permet d’engager l’apprenant en l’impliquant dans le déroulé de sa formation, même à distance. 
  • Unow : organisme de formation spécialisé dans la formation digitale tutorée (SPOC) propose des modules de formation mixant du contenu pédagogique et des heures de suivi personnalisé. Ce suivi permet d’ajouter une touche de personnalisation et d’interactivité et offre à l’apprenant l’opportunité d’échanger sur ses apprentissages. 

2) Se centrer sur l’apprenant et sur le contexte de l’apprentissage

L’efficacité de toute formation est liée à l’adéquation entre le contenu de la formation et l’apprenant, ses objectifs d’apprentissage et le contexte de sa formation. C’est d’autant plus vrai dans une formation digitale où, pour les raisons mentionnées plus haut, il est plus difficile de s’adapter. Voilà pourquoi il est nécessaire de “taper juste” et donc de s’intéresser encore davantage à l’apprenant. 

Il est donc primordial de mener en amont de la formation un travail exhaustif de diagnostic des besoins et du contexte pour choisir avec pertinence la modalité la plus adaptée. Y compris dans le distanciel, il existe de multiples manières de procéder : la durée, la modalité ou encore le ton peuvent être ajustés. 

Nos experts en pédagogie ont eu l’occasion de travailler avec Gymglish, organisme de formation spécialisé dans le micro-learning adaptatif. Des formats courts qui s’adaptent automatiquement au niveau de l’apprenant et à son rythme d’apprentissage. De plus, ces courtes leçons peuvent être réalisées n’importe quand dans la journée. 

3) Repenser la place du formateur pour digitaliser efficacement une formation

Le rôle du formateur n’est pas de distribuer un contenu mais réellement d’être un catalyseur d’apprentissage. La digitalisation des formations doit nous inciter à mener une réflexion de fond sur la place des formateurs. De même qu’il faut en finir avec les formateurs qui se contentent de lire leurs slides pendant des formations en présentiel, il est impossible de soutenir que le rôle du formateur n’est que de se filmer pour produire un contenu qui sera diffusé à l’envie. 

L’intérêt d’une formation est moins sur le contenu que la manière de l’amener. La principale valeur est surtout l’interaction entre le formateur et les apprenants. Aujourd’hui, tout le monde peut trouver des informations, les contenus sont pléthoriques. En revanche, ce qui va compter c’est de vivre quelque chose qui laissera un souvenir fort, c’est créer le cadre pour une expérience qui va ancrer un apprentissage.

Ces interactions entre un formateur et un contenu pour créer une expérience forte existent notamment avec l’essor de la réalité virtuelle. Nous avons notamment découvert le sujet aux côtés des experts d’Antilogy qui forment à l’utilisation de la réalité virtuelle et qui accompagnent le déploiement de projets pédagogiques utilisant cette modalité innovante. 

4) S’appuyer sur les fondamentaux de la pédagogie : 

En complément de ces différentes techniques et outils que l’on peut utiliser, il est important de conclure en revenant à certains fondamentaux de la pédagogie et des sciences cognitives qui sont d’autant plus d’actualité dans cette période de bouleversement des pratiques si l’on souhaite digitaliser une formation.

  • On ne change que si l’on a décidé de changer. Tout processus d’apprentissage est un chemin personnel que chaque individu doit décider d’emprunter. Peu importe la modalité, pour qu’un dispositif de formation soit efficace, il faut obtenir un engagement de la part de l’apprenant. 
  • On apprend mieux si l’on sait pourquoi on apprend. Au-delà de la simple décision de changer, il faut donner du sens au projet d’apprentissage. Quelles seront les bénéfices personnels/professionnels ? À quel horizon ? C’est en donnant de la perspective aux apprenants qu’on arrive à mieux les engager dans la durée. 
  • On apprend mieux si l’on expérimente. L’apprentissage se joue souvent entre les phases de formation. On dit souvent que dans un coaching, les changements n’interviennent pas pendant les séances mais entre les séances. La formation ne doit donc pas être pensée comme un moment ponctuel mais comme un processus ponctué d’étapes diverses. Cette notion d’expérimentation est à mettre en lien avec l’idée de temps long. En effet, la formation doit se penser comme un processus et non comme une action ponctuelle. 

Pour aller plus loin :

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